Le labyrinthe de Pan

Sortie le 01 novembre 2006.
Titre original : El laberinto del fauno.
Réalisation et scénario par Guillermo del Toro, et musique de Javier Navarrete.
Acteurs : Ivana Baquero (Ofélia), Sergi Lopez (Capitaine Vidal), Doug Jones (Faune / Pale Man), Ariadna Gil (Carmen), Maribel Verdu (Mercedes), Alex Angulo (Docteur Ferreiro), Roger Casamajor (Pedro), César Vea (Serrano), Federico Luppi (Casares), Manolo Solo (Garcés), Sebastian Haro (Capitaine de la garde civile) et Milo Taboada (Joven).
Histoire : Espagne, 1944, Carmen récemment remariée, part rejoindre son nouvel époux afin qu'elle puisse accoucher auprès de lui. Elle est accompagnée de sa fille, Ofélia d'une précédente union. Ofélia se fait difficilement à sa nouvelle vie au moulin, elle va toutefois vite découvrir un mystérieux labyrinthe, non loin du moulin. Ce dernier abrite un faune qui va lui révéler sa vraie nature, Ofélia n'est autre que la princesse égarée d'un monde fantastique. Afin de s'assurer qu'elle est prête à rejoindre son royaume, Ofélia devra réaliser trois épreuves, plus difficiles les unes que les autres...
Mon avis : Attention, il y a de fortes chances pour que cette critique recèle des spoilers. Je vous invite donc à la consulter après que vous ayez visionné le film.
Depuis de nombreuses années, je suis attirée par ce film, seulement la classification "Epouvante - Horreur" m'a toujours rebuté. Étant assez sensible et peu fan du genre, je repoussais toujours le visionnage. Mais la possibilité de le découvrir sur grand écran m'a attiré, et en voyant l'interdiction au moins de douze ans, je me suis dit que ça ne devait pas être bien terrible. Effectivement, je ne comprends pas la catégorisation épouvante - horreur, le film est surtout un film fantastique, pouvant effectivement présenté des "monstres" impressionnant mais rien de bien méchant. Et j'aurais ajouter la catégorisation guerre, en raison du conflit entre les francistes et les rebelles, qui amènent des scènes de tortures (pour l'essentiel suggérées et non dévoilées). On suit donc Ofélia dans son nouveau quotidien, entre une mère souffrante et un beau-père violent et dénigrant. Se rajoute à cela les problématiques de la guerre, conflit, loyauté, rationnement, passeur, double-jeu... Ofélia est fan de conte de fée, et c'est tout naturellement qu'elle va s'évader de ses ennuies dans un monde parallèle. Beaucoup analyse ce monde fantastique comme le chemin d'Ofélia pour quitter sa place d'enfant à celui de la femme, notamment en raison des nombreuses représentations de l'utérus tout au long du film. Personnellement j'ai totalement occulté ses symboles et en est tir une autre analyse. Pour moi, le monde fantastique représente le paralèlle des épreuves réelles traversées par Ofélia, qui la conduise peu à peu à sa mort prochaine. Plus Ofélia réalise les épreuves autant dans la vie que dans le monde fantastique, plus elle dépérit et effectivement grandit. Parallèlement,le faune, au départ vieillit et abîmé, s'embellit au fil des épreuves. L'épreuve finalement, n'était que la représentation de la propre montre d'Ofélia, lui permettant d'accéder à son propre paradis retrouvant ainsi son père et sa mère dans une réalité qu'elle a elle même pensé et construite. Depuis j'ai bien sûr lut les différentes analyses de chacun et rejoins totalement l'idée de la construction d'Ofélia vers sa féminité. Je ne vais pas décrire toutes les scènes du film, cela prendrait beaucoup trop de temps, mais je suis certaine qu'à chaque visionnage, l'analyse se construit davantage. Je suis ravie d'avoir découvert ce film qui m'a ravie. Une nouvelle plongée dans l'univers de Del Toro, qui a un sens de la mise en scène et de la réalisation. Le film est brillant de par sa réalisation et par la construction de son scénario. J'ai été bluffée par le jeu d'Ivana Baquero et par les épreuves qu'elle doit traverser. J'ai également adoré détester et mépriser Sergi Lopez qui est parfait dans ce rôle. Je n'oublie pas non plus la très belle bande originale et notamment la nana de Mercedes. Une très belle découverte pour ma part et j'en redemande presque aujourd'hui.
5 étoiles.
/image%2F0429882%2F20150624%2Fob_f5d0da_71hjk4td.jpg)